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Vers un meilleur contrôle de Campylobacter jejuni en production avicole grâce à une enzyme

Autrice Sophie Chagneau, Superviseur Alexandre Thibodeau

Chaire de Recherche en Salubrité des Viandes (CRSV) de l’Université de Montréal et le Centre de recherche en infectiologie porcine et avicole (CRIPA) financé par les Fonds de Recherche du Québec – Nature et technologies (FRQNT), Université de Montréal

Article publié dans le magazine NOUVAiles en septembre 2023


Après des années de recherche, la Chaire de Recherche en Salubrité des Viandes de l’Université de Montréal et le CRIPA-FRQNT ont découvert une seconde application à un additif alimentaire spécifique qui réduit la quantité intestinale et empêche la contamination interne des foies par l'agent pathogène Campylobacter jejuni chez la volaille.


Campylobacter jejuni (C. jejuni) représente un problème majeur de santé publique, provoquant de nombreuses infections d'origine alimentaire en raison de la consommation de viande ou de foie de poulet insuffisamment cuit. Pendant des décennies, un grand nombre de chercheures et chercheurs ont tenté de contrôler C. jejuni en vaccinant ou encore en administrant des probiotiques aux poulets. Cependant, aucun remède efficace n'a été trouvé jusqu'à présent et les processus d'implantation de C. jejuni chez les poulets restent nébuleux. Par conséquent, l'amélioration des connaissances reste le meilleur moyen d'aboutir à une mesure de contrôle appropriée en aviculture.


À la lumière de ces faits, la CRSV, en collaboration avec le CRIPA-FRQNT de l’Université de Montréal se sont tout d’abord concentrés sur la caractérisation approfondie des variants génétiques (appelés souches) de C. jejuni isolés d’intestins de poulets. Ces données clés ont conduit au développement de modèles expérimentaux impliquant l'administration orale de différentes souches de C. jejuni à des poulets élevés au sein des installations expérimentales de la Faculté de médecine vétérinaire. Au fil du temps, les modèles ont été affinés afin de refléter la réalité sur le terrain. Ainsi, comme rapporté par la littérature scientifique, la CRSV a pu répliquer des multi-infections par plusieurs souches de C. jejuni chez les poulets, entraînant une colonisation de l'intestin par ces souches avec une prédominance de certaines. De plus, la contamination interne du foie par C. jejuni au cours de la vie des oiseaux a été reproduite.


À la suite de nombreux essais, nous avons pris conscience de l'importance de la disponibilité des acides aminés, éléments composant les protéines, pour la capacité des souches de C. jejuni à coloniser l'intestin et à contaminer le foie des poulets. Grâce à ces précieuses avancées scientifiques, nous avons pu réduire la quantité intestinale de C. jejuni au niveau intestinal et empêcher sa propagation vers le foie en ajoutant une enzyme appelée protéase à l'alimentation des poulets qui augmente la digestibilité et l’absorption des protéines dans l’intestin des animaux. Par conséquent, cela augmente l'utilisation de certains acides aminés par l’oiseau, réduisant ainsi leur disponibilité pour C. jejuni.


Afin d’améliorer le traitement, des expérimentations complémentaires sont requises pour mettre en évidence les mécanismes sous-jacents, comme une étude des communautés microbiennes qui composent le microbiote intestinal et une analyse précise des acides aminés disponibles dans l’intestin.

Photographie illustrant une administration orale de Campylobacter jejuni à un poulet âgé de 14 jours dans une installation expérimentale de la Faculté de médecine vétérinaire.

(Source : photographie réalisée par la Chaire de Recherche en Salubrité des Viandes)

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