Les virus SRRP et le circovirus PCV2 ont, en effet, adopté une substance visqueuse pour se protéger, le biofilm bactérien, et pénétrer ainsi dans les fermes.

 

Les chercheurs Mario Jacques de l'Université de Montréal et Daniel Grenier de l'Université Laval, membres du Centre de recherche en infectiologie porcine et avicole (CRIPA), connaissent bien les sécrétions gélatineuses et collantes de nombreuses bactéries, dont certaines sont des ennemies responsables d'infections sévères chez le porc, telles que Actinobacillus pleuropneumoniae, Escherichia coli et Streptococcus suis. Celles-ci, pour se protéger et s'incruster dans un animal, comme le porc, ou encore dans l'environnement, sont capables de produire une substance visqueuse composée de polysaccharides (sucres), de protéines et d'ADN.

 

Les bactéries s'enduisent de cette substance pour s'attacher fermement à un support et s'y multiplier. Il en résulte une structure organisée, appelée biofilm, qui représente une armure efficace contre les antibiotiques et désinfectants. Or, de récentes études suggèrent que les virus pourraient tirer avantage du biofilm bactérien.

 

 Ainsi, en collaboration avec le virologiste de la Faculté de médecine vétérinaire, Carl A. Gagnon, et avec l'aide technique des professionnelles de recherche, Chantale Provost et Josée Labrie, l'équipe Jacques/Grenier a prouvé que le virus SRRP et le circovirus PCV2 peuvent intégrer le biofilm de diverses bactéries pathogènes et y survivre durant plusieurs jours. Le circovirus y conserve même son pouvoir infectieux !

 

On lutte contre les biofilms.

Heureusement, des essais utilisant des désinfectants couramment utilisés sur les fermes, ont montré que 90 à 100 % des bactéries de ces biofilms étaient éliminées tout comme la majorité des virus, bien que la structure du biofilm, elle, persiste. Ces résultats ont permis de mettre au jour une stratégie encore méconnue utilisée par les virus pour persister dans les fermes porcines. La recherche se poursuit sur les façons de contrer la formation de biofilms afin de dépouiller les bactéries de leur arsenal de défense.

 

Source : Jacques M, Grenier D, Labrie J, et al. Persistence of porcine reproductive and respiratory syndrome virus and porcine circovirus type 2 in bacterial biofilms. J Swine Health Prod. 2015;23(3):132-136.

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